6316 Souvenirs d'une transition

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Souvenirs d'une transition
Un blog Yagg
Non classé | 23.06.2013 - 00 h 41 | 1 COMMENTAIRES
Le temps d’un songe.

Derrière de doux chuchotement qui émane de ma voix se cache un monstre terrifiant.

J’ai été Brisée, Fracassée, Éclatée durant ce qui aurait du être ma tendre enfance. Bien qu’il en ressorti une femme à l’apparence forte, prudente et contrôlée, j’ignore encore si c’est la folie ou le génie qui m’animent réellement ou encore le mélange des deux.

Ce qui est certain, c’est qu’une instabilité s’est installée dans mon esprit. Au fil du temps, mon visage a tranquillement laissé la place à un masque impassible afin de masquer une douleur intolérable.

J’enfile mon masque. Je soulève mon drapeau. J’ignore encore si c’est un véritable cirque ou une terrifiante mascarade.

Non classé | 02.01.2013 - 05 h 30 | 2 COMMENTAIRES
Un nouvel ordre

Qui suis-je, qui étais-je, qui serais-je ?

Le temps.  Voilà, le thème actuel de ma vie ou du moins, de mes pensées. Les journées, les semaines et les mois se confondent si bien que ma vie défile devant moi, sans que je ne puisse la saisir réellement.

Pourtant, je sens que celle-ci ressemble de plus en plus à celle que je devais vivre. Au fil des journées… des semaines et des mois, je me suis transformée. Je ne suis peut-être pas la femme que je pensais être ou du moins, devenir, mais je pense que je suis devenue telle que je devais l’être.

Suis-je fataliste ?  Sans doute.

Mes aspirations, mes envies, mes pensées ont évoluées, … se sont métamorphosées. Certaine chose qui me révulsait, m’attire aujourd’hui et le contraire est aussi vrai. Étrange ? Je l’ignore. Ce qui me surprends parfois, c’est que je me sens heureuse vis-à-vis ces changements inattendus.

Du chaos, ressort l’ordre ? 

Non classé | 29.06.2012 - 23 h 47 | 0 COMMENTAIRES
Le fruit défendu

Voici l’apogée de notre humanité,
Où l’heure de notre fatalité a sonné.
Peut-être que ce fut notre sombre destinée,
De jouir de ce nombre de possibilités.

Dans un monde forgé par la facilité,
Où la vertu est dorénavant dédaignée,
Où l’amour véritable n’est plus spontané,
Les possibilités y sont illimitées.

Telle une malédiction qui fut proférée,
Ces valeurs qui furent autrefois désirées,
Ne sont plus qu’un vague souvenir du passé.

Nos ancêtres ont goûté à la tentation,
Cette négligence a violé l’interdiction,
Le destin de l’humanité s’est embrasé

Non classé | 29.06.2012 - 23 h 45 | 0 COMMENTAIRES
Destinées scellées.

L’aube naissante deux destins furent scellés,
Ying et Yang formeront une seule entité,
Combat silencieux gagnant en intensité,
Ni l’un ni l’autre ne sera plus esseulé.

De ce destin naîtront ceux au sang mêlé,
Jour et Nuit s’alterneront pour l’éternité,
La lune vainc le soleil le temps d’une nuitée,
Deux immortelles destinées entremêlées.

De nouveau lié, l’espace d’une éclipse,
Une part de l’un dans l’autre qui l’oppose,
Pendant ce court instant, l’un ne s’est jamais tu.

Voici l’âme du poète et celle du savant,
Dans ce simple corps, coexistant et s’opposant,
Ma fatalité est celle du Taijitu.

Non classé | 26.04.2012 - 15 h 03 | 6 COMMENTAIRES
Présentation

Bonjour,

Je m’appelle Annick ou du moins, c’est le nom auquel je réponds à présent, dans le cadre de ma transition afin d’être moi-même, c’est-à-dire, une femme. J’ai décidé d’écrire ce blog étant donné que je souhaitais conserver une trace de ma transition ainsi que partager mon expérience avec d’autres personnes.

 
Aussi loin que mes souvenirs peuvent me porter, je n’ai jamais été un garçon. J’avais beau agir comme un garçon, dans la mesure de mon éducation, je ressentais certaines envies qui m’apparaissaient incompréhensible à cette époque. Bien que je jouais avec les garçons, une partie de moi souhaitait être avec les filles, mais je n’osais pas … À divers degrés, mes pensées, mes rêves et mes désirs correspondaient beaucoup plus à ceux d’une fille. Enfin, je suis peut-être subjective.

 
Pourtant, je me souviens que j’avais tendance à me comparer aux autres filles dès que j’en avais l’occasion. Lorsque les exigences physiques étaient différentes pour les garçons et les filles, je m’ajustais naturellement à ce qu’on attendait des filles. Le contraire m’apparaissait en quelque sorte contre-nature. Je ne ressentais pas le besoin ni même l’envie d’être la plus forte physiquement. Je préférais de loin être complimentée sur une caractéristique plus féminine telle qu’une jolie écriture. Je me sentais flattée voire un peu fière.

 
Alors que j’entrais au secondaire, je commençais à prendre conscience que mes envies, mes pensées et mes désirs n’étaient pas ceux d’un garçon. Chaque jour, je prenais un peu plus conscience que j’étais une fille. Pourtant, j’étais incapable de l’accepter, je tentais de me convaincre que ce n’était qu’une passade normale. Certaines journées, je l’acceptais en partie alors qu’autres jours, je refusais totalement d’y croire. Je craignais aussi que ma famille puisse découvrir mon secret qui devenait de plus en plus lourd à porter. Je ne savais plus trop comment réagir face à de nombreuses questions et je commençais m’isoler afin d’éviter de commettre une bêtise par inadvertance. Par ailleurs, mon corps commençait à me répugner qui se transformait de jours en jours sous l’effet de la testostérone.  Les poils qui poussaient, mon corps qui se masculinisait, et les pulsions sexuelles qui m’ennuyaient plus que tout … L’horreur !

 
Malgré tout, j’essayais de nier la réalité jusqu’à ce que je découvre les joies de l’informatique, en particulier de l’internet et des jeux en ligne, où je pouvais être moi-même sans la moindre peur de jugements. Je pouvais enfin rencontrer des mecs avec qui je pouvais être moi-même ou encore être une créatrice de tendances en participant à la création de vêtements sur des jeux tels que SailorFuku. Malheureusement, j’avais beau enchainer les forums et les jeux, ce n’était qu’une piètre consolation par rapport à ce que je désirais réellement vivre. J’alternais entre les moments de bonheur où je m’acceptais en tant que fille et les moments de dépressions où je ne m’acceptais pas, car  je devais être un garçon ou plutôt je ne voulais/pouvais pas être une fille, car j’avais peur de la réaction de mon entourage.

 
Tandis que j’étais sur le point de terminer mon programme préuniversitaire, je commençais à être à la merci de violentes migraines quotidiennes. J’échouais ma session à quelques semaines de la fin. J’étais démolie. Je savais que ce n’était que le début, car je connaissais la cause de mes migraines. J’étais épuisée de jouer la comédie, mais je craignais la réaction de mon entourage. J’envisageais le suicide, une méthode que je considérais comme un moyen bête et stupide pour cesser de souffrir. En même temps, bien que je souffrais monstrueusement, je ne ressentais plus nécessairement la douleur. L’instinct de survie avait finalement pris le dessus. Je décidais de faire mon coming-out auprès de ma famille en me disant que je n’avais plus rien à perdre et tout à gagner. Heureusement, la première personne à qui je me confiai, l’accepta plutôt bien. Celle m’aida énormément à m’accepter telle que j’étais. Ce qui me surpris le plus, c’est que ce fut mon père qui est considéré comme « macho » par son entourage qui accepta la nouvelle le plus facilement, et ce, avec un certain soulagement.  En ce qui concerne ma mère, elle nie toujours la situation.

 
Je suis à présent sous anti-androgène afin de commencer ma transition. En ce qui concerne les œstrogènes, il me reste à vivre mon Real Life Experience (que j’ai commencée depuis une semaine) avant d’avoir accès au traitement hormonal substitutif complet.

 
À mon soulagement, je vis à présent au quotidien en tant que femme et ce, depuis une semaine. Je croix que je ne me suis jamais sentie aussi bien. Tout cela m’apparait  presque irréel, dans le sens où je n’aurais jamais cru pouvoir la vivre, il y a encore un an. Bien entendu, certaines journées sont mieux que d’autres, mais je ne regrette pas mon choix.

 
Malheureusement, je ne sais toujours pas si je suis « crédible ». J’ai l’impression que les gens hésitent sur mon sexe ou peut-être que je ne suis absolument pas crédible (et qu’on tente d’éviter de me blesser) étant donné qu’on semble éviter de s’adresser à moi tant avec le terme « madame » que « monsieur ».

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